29 déc. 2015

Plongée dans l'Etang de Thau (26 Déc 2015)

L’Etang de Thau est un des lieux incontournables où il faut plonger dans la région de Montpellier. 
Situé dans le midi, l'Etang de Thau, notamment bien connu et reconnu pour sa conchyculture (huitres, moules,...), est la plus grande lagune du Languedoc-Roussillon avec près de 7500 hectares. La profondeur moyenne est d'environ 5m avec un maximum de 30m (Trou de la Vise).


La biodiversité y est très riche, avec des particularités très intéressantes à observer. En effet, c’est un lieu idéal pour y rencontrer des Hippocampes, Lièvres de mer, Sèches, Syngnathes (ou vipères de mer), Nudibranches (Hervia Pèlerine, …), Gobies, Crabes... mais aussi des vers tubicoles tels que les Spirographes, Sabelles, des Ascidies (Clavelines) et même la Grande Nacre, qui est une espèce protégée en France depuis 1992 et dont la pêche est interdite. La liste n’est clairement pas exhaustive mais donne globalement une idée de ce que l’on peut y rencontrer.
La plongée s'est réalisée depuis le site "Le Ponton". La mise à l'eau se fait depuis le bord, la profondeur maximale est d'env. 8m.  Le fond contient beaucoup de vase, qu'il faut éviter de remuer sous peine de réduire très fortement la visibilité. L'eau est très verte, et aucun courant n'a été constaté lors de la plongée.

Lors de cette première plongée sur ce site, j’ai été assez frappé par le « décors ». Je me suis même dit quelques fois pendant la plongée que j’étais en train d’évoluer dans une décharge tellement il y avait des déchets en tout genre (bouteilles, pneus, objets en plastique…), et même quelques épaves de voitures ! D’ailleurs, pour faire un peu d’humour, je pourrais dire que c’était ma première plongée sur épaves :-). Ceci-dit, il y a quelques embarcations immergées, dont une en bois très dégradée mais assez jolie.

Denis m’avait pourtant prévenu avant que l’on se mette à l’eau, que c’était assez particulier, pollué, mais que la vie résiste et arrive à reprendre le dessus. Cela est très vrai quand on regarde comment la vie s’installe et s’accroche sur chacun des objets, mais tout de même, j'ai ressenti un certain malaise, sans doute partagé par les autres plongeurs qui étaient avec moi.

Sincèrement, je me demande si une opération de grand nettoyage du site du Ponton peut être organisée. Cette idée me revient sans cesse, et je crois que l’envie de creuser cette possibilité va prendre de plus en plus d’ampleur !

D’où une réflexion plus globale encore. J’ai la conviction que les plongeurs sont globalement beaucoup plus soucieux de l’environnement que la moyenne. N’est-il pas envisageable que chaque plongeur ait un filet pour ramasser les déchets qu’il pourrait rencontrer lors de chacune de ses plongées ? Bien sûr, il faut éviter en amont que les déchets se retrouvent dans les océans, mais si chaque plongeur ramassait quelques déchets à chaque plongée, je suis persuadé que mis bout à bout, se seraient des tonnes de déchets en moins sous l’eau… Cette idée n’est pas neuve, je constate d’ailleurs en écrivant cet article, qu’il existe une fondation dédiée à cela, la fondation Project AWARE, dont la devise est «Dive Against Debris» (plongez contre les déchets).

Mais revenons sur cette plongée et ses points positifs tout de même ! :-) 
J’ai vraiment adoré les différentes rencontres avec les Sèches. J’ai d’ailleurs cru avoir réalisé une très belle vidéo mais malheureusement, une erreur de débutant fait que la séquence n’a pas été enregistrée (bon sang, il faut toujours vérifier que ça tourne !!!) :-( . J’ai quand même pu en filmer une, et ce qui est extraordinaire, c’est leur capacité à changer de couleur de façon instantanée ! J’aime beaucoup leur regard que je trouve « intelligent ». Lors de l’approche, j’ai l’impression de lire dans leurs yeux « toi le plongeur je t’ai à l’œil, pour le moment je garde ma tenue de camouflage mais ne t’avise pas de m’embêter ! ». 

Malheureusement pas d’Hippocampe pour cette fois, mais beaucoup de Nudibranches ! Je pense avoir reconnu des spécimens de types Doridiens et Eolidiens, dont une très belle Godive à quatre couleurs (cf. la très belle photo ci-dessous de Christophe Fournier). Là aussi, la Gopro sans lentille Macro donne des résultats très médiocres, mais j’en ai quand même pris plein les yeux et c’est là l’essentiel :-)

Autre particularité du site, les très nombreux et magnifiques vers tubicoles tels que les Spirographes et les Sabelles, qui au passage, sont bien des animaux et non des plantes ou fleurs ! J’ai pu observer également de toutes petites étoiles de mer vraiment minuscules, des ascidies, des anémones, le tout complété par des gobies, quelques gros crabes, et de grandes nacres !

Enfin, sans le savoir, j’ai croisé un Syngnathe (ou vipère de mer) qui apparait bien sur une de mes photos ci-dessous, celle de l’Ascidie ou Tunicier « Extra-terrestre jaune », et dans la vidéo. A noter que le Syngnathe n’est pas un serpent, mais bien un poisson qui peut mesurer jusqu’à 50cm.

En conclusion, malgré le côté « décharge », c’est un site sur lequel je reviendrai plonger, tant la biodiversité y est intéressante, mais avec cette fois un filet pour ramasser quelques objets indésirables. Et qui sait, peut être aussi pour une opération de grand nettoyage…
La vidéo

Un Syngnathe

Les photos (cliquer pour agrandir)
Avec ma nouvelle combi semi-étanche et nouvelle stab :)

Vers tubicoles, anémones et la grande nacre
Grande Nacre
Les épaves

Les sèches

Ascidie/Tunicier "Extra-Terrestre Jaune" et un Syngnathe

 Nudibranche Eolidien "Godive à quatre couleurs"
Photo de Christophe Fournier

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire